Rencontre avec les syndicalistes d’ArcelorMittal à Villeparisis : Photos, vidéo et soutien

7 avr. 2012 - Actualités

Mercredi 5 avril : C’est avec fierté que j’ai accueilli, aux côté de José Hennequin et des élus de Villeparisis, les marcheurs de Florange pour une des dernières étapes avant l’arrivée sous la Tour Eiffel.

 

Visionnez le reportage fait par la chaîne de TV locale Canal Coquelicot, autour d’1 minute :


 

Nicolas Sarkozy revient au temps des Maîtres des Forges !

Le candidat sortant prend les syndicats comme bouc émissaire de ses propres échecs face à Mittal.
À Gandrange, il avait promis que l’Etat investirait avec ou sans Mittal et que l’aciérie ne fermerait pas. Elle a fermé.

Plus de 250 salariés ont été reclassés à Florange. Aujourd’hui, les hauts fourneaux de Florange sont à l’arrêt. Les 17 millions d’euros qu’il prétend avoir obtenu de Mittal ne concernent pas les hauts fourneaux. Enfin, le candidat sortant veut faire oublier un peu vite ses promesses sur le projet européen ULCOS : il devait en parler au Président de la Commission la semaine passée. Or à son retour de Bruxelles, les salariés d’Arcelor ont attendu en vain des nouvelles d’Ulcos. Visiblement le candidat sortant avait une fois de plus oublié ses promesses.

Dans un entretien donné le 2 avril à la presse quotidienne de Lorraine, le candidat sortant a franchi toutes les bornes de l’irrespect et du mépris des salariés en s’en prenant avec une violence inouïe aux représentants démocratiquement élus des ouvriers d’ArcelorMittal de Gandrange et Florange.

Non content de mentir de manière éhontée sur les fausses promesses qu’il aurait obtenues de la direction d’ArcelorMittal, alors que celle-ci a rappelé elle-même n’avoir pris aucun engagement de redémarrage des hauts fourneaux de Florange « sauf circonstances économiques favorables », il foule aux pieds toute la représentation syndicale de l’entreprise, pourtant élue à plus de 92% !
Appeler « permanents syndicaux » des élus du personnel, qui continuent par ailleurs à travailler dans les usines d’une pénibilité extrême dont l’ancien maire de Neuilly n’aura jamais la moindre idée, relève de la grossière manipulation de l’opinion.

Nicolas Sarkozy montre qu’il ne connaît rien au fonctionnement des entreprises et qu’il méprise les Français qui travaillent au point de penser pouvoir les berner par cette démagogie antisyndicale digne du XIXe siècle. Son discours semble sorti de la bouche des représentants des Maîtres des Forges.

C’est gravissime de la part d’un Président de la République sortant dont le rôle est de garantir l’exercice des libertés fondamentales dont le droit syndical.
Il diffame les ouvriers en les accusant d’avoir voulu casser son siège de campagne, alors que depuis des semaines de mobilisation, ils n’ont été responsables d’aucun acte de violence. La violence, elle vient de l’Elysée qui a ordonné que l’on envoie des gaz lacrymogènes à la figure des salariés !

Les ouvriers savent désormais à quoi s’attendre avec Nicolas Sarkozy : la fin de leurs droits syndicaux, la criminalisation de leur mobilisation. Ils doivent subir les décisions qui les condamnent sans protester. Au lieu de faire la preuve de sa détermination face à Lakhshmi Mittal, c’est contre les salariés d’Arcelor que le candidat sortant a retourné sa colère.

Les Français sauront lui rappeler qu’il a été élu pour les défendre et qu’il ne peut se prendre qu’à lui-même de l’échec de sa politique industrielle.

Par Aurélie Filippetti, porte-parole de François Hollande